Insertion des personnes handicapées : je l’ai exprimé avec émotion lors de mon discours de fin de campagne, le 10 mars. La plus enrichissante de mes rencontres a été celle avec les membres de l’association : « Nous aussi« , dont le slogan est : « Rien pour nous sans nous ! ». Nous mettrons en place, avant la fin de l’année 2020, une commission, composée pour moitié de personnes handicapées et d’acteurs de terrain qui les accompagnent et pour moitié d’élus.

 

Thierry Delaître bonjour, nous nous retrouvons aujourd’hui pour parler des personnes handicapées.

Oui.

Alors, excusez-moi de vous bousculer, mais il me semble qu’il y a eu quelques grands absents des programmes de 1er tour, notamment les personnes handicapées ?

Fondamentalement c’est vrai, toutes les listes ont manqué à leur devoir en la matière je crois.

Toutes les listes, donc vous aussi ?

Oui. Mais je veux néanmoins rappeler que lorsque nous avons dénoncé les problèmes de voiries c’est entre autre pour les personnes à mobilité réduite. Je me souviens aussi avoir demandé à tous les candidats un engagemment sur la réféction du trottoir devant la MDPH, avenue de la République. C’était ma publication du 22 février, chacun peut vérifier. Mais sur le fond, vous avez raison…

Pourtant, comme tous les candidats, vous avez été invité à l’intiative de l’association « Pas sans nous ?

Oui quelques jours avant le premier tour. Un moment très touchant, dont j’ai ensuite longuement parlé dans mon discours de cloture le 10 mars.
Cet extrait est disponible sur notre site et ma page FB.*

Qu’avez-vous retiré de cette rencontre ?

Comme je le dis durant ce discours, avant tout une bonne leçon d’humilité…

C’est-à-dire ?

On se rend tout simplement compte que nous excluons ces personnes, que nous les ignorons même en fait, c’est grave !

Pourquoi dîtes-vous cela ?

C’est très simple, si nous les prenions vraiment en considération, nous aurions déjà mis en place toute une série d’aménagements pour leur faciliter la vie.

Vous dîtes nous aurions déjà mis en place, mais vous n’êtes pas au pouvoir ?

Oui, merci de le rappeler ! Mais en tant que simple citoyen il nous revient aussi de faire pression sur les élus…

Donc si vous étiez au pouvoir, vous feriez avancer ce travail ?

J’en prends l’engagement oui et des engagement précis, des actions concrètes… pas de vagues considérations comme j’en entends trop aujourd’hui ! Récemment par exemple des co-listières d’une autre liste nous expliquaient qu’il fallait que Guéret soit une ville inclusive…

C’est vrai que c’est assez vague…

Bien sûr, comme toujours. Du blabla, sur lequel tout le monde sera d’accord ! Mais concrètement ? Ce que nous attendons, ce qu’ils attendent ce sont des engagements clairs, des actions concrètes.

Pour la seconde partie, je suis accompagné de Laurent SAUREL, dont j’ai fait la connaissance durant cette campagne et avec qui nous avons échangé à de multiples reprises depuis. Laurent si tu veux te présenter en quelques mots…

Laurent se présente. Il a 57 ans, vit seul et fait partie de l’association Pas Sans Nous. Je l’ai rencontré au foyer La Fontaine. Il est handicpé mental.

Hier vous nous annonciez donc des engagements, c’est à dire ?

Eh bien je crois que le mieux pour en parler est de laisser la parole à Laurent, membre de l’association Pas sans nous.
Laurent nous présente les problématiques de lecture, dans les transports en commun, les indications dans les services publics, il nous parle aussi de ses difficultés pour faire du vélo et pour voter.
Plus de pictogramme, des présentations simplifiées, des pistes cyclables, un accès facilité aux commerces pour les personnes en fauteuils, des bulletins de vote avec la photo des candidats, la volonté d’être entendu dans les mesures qui sont prises… voilà quelques-unes de ses attentes…

Alors que pourrait-on faire sur le plan local ?

Nous pouvons nous engager à obtenir le label S3A (Signalétique, Accueil, Accompagnement, Accessibilité), pour tous nos services publics d’ici à la fin du mandat. Il s’agit essentiellement de former les personnels à l’accueil de ces personnes handicapées mentales et d’aménager la signalisation dans les lieux publics comme je vous le disais.
Il faut que des engagements précis soient pris, fermement, avec des objectifs… pas simplement de vagues propos.
L’obtention de ce label signifiera que nous avons déjà beaucoup avancé.
Je pense que l’on pourrait aussi éditer un vademecum de bonnes pratiques à destination des personnes handicapées durant les campagnes électorales, notamment et terme de communication.

Ces personnes réclament plus globalement d’être davantage entendues… c’est l’idée même de leur slogan.

Oui et là encore, des engagements, précis !
Vous le retrouverez dans notre profession de foi : Une charte, un élu, une commission.

C’est à dire ?

Un élu, précisément référencé, qui aura en charge ce dossier.
Une commission permanente de travail qui comprendra quelques élus, mais aussi et surtout de nombreuses personnes handicapées, aux profils divers et des travailleurs sociaux, responsables d’association notamment qui les accompagnent, les aident, comme l’Adapei, l’APF…
Cette commission sera mise en place avant la fin de l’année 2020.

Et cette commission elle servira à quoi ?

Elle aura la responsabilité d’élaborer les projets concrets de mise en oeuvre de la « charte engagements ADAPEI, Municipales 2020 » par exemple et de les prioriser.

Vous nous parlez beaucoup de handicap mental, mais qu’en est-il des handicaps physiques ?

D’abord, même dans le cadre du handicap mental, on ne peut pas faire le tour cet après-midi et je vous invite tous à vous rendre sur notre site pour trouver plus d’initiatives concrètes, à enrichir encore, avec les associations justement.

Quelques engagements peut-être pour les handicapés moteurs ?

Oui, et au delà même pour toutes les personnes qui peuvent avoir des difficultés pour se déplacer à pied par exemple.
D’abord, le programme « 100 bancs en s ans » s’adresse aussi à eux. Il est pris, vous le retrouverez dans notre profession de foi.
Ensuite, il y a une nécessité de travailler sur les trottoirs, plus larges et plats. Mais ce sera long évidemment.
Je rappelle aussi que nous avons été à l’initiative pour les pistes cyclables, reprises par tout le monde depuis (et là encore je dis à certains, mais qu’avez-vous fait ces dix dernières années ?).
Cette réflexion sur les cheminements doit aussi servir aux déplacements en fauteuil.
Nous avons beaucoup de chemins de randonnée. Il faudrait en prévoir pour eux !
Et il y a de nombreuses initiatives de sensibilisation que nous pouvons reprendre, à Clermont-Ferrand, à Victoria… Elles sont très intéressantes par exemple.

C’est à dire ?

Ce serait long ici de les présenter toutes, mais j’invite ceux que notre programme intéresse en la matière à consulter notre site internet unnouveausoufflepourgueret.fr
Par exemple proposez aux valides de passer quelques heures en ville en fauteuil roulant, cela change leur regard.
Vous y trouverez aussi des documents produits par l’ADAPEI, qui sont évidemment de bonnes bases pour déterminer les chantiers à ouvrir.

M. Delaître, merci. Nous nous retrouvons encore cette semaine ?

Oui, très vite. Nous allons nous retrouver plusieurs fois pour parler du centre ville et de l’économie notamment.

LA SUITE POUR LE SITE EXCLUSIVEMENT
Nous mettons les liens pour que vous les découvriez, c’est mieux !
http://www.mobileenville.org/sensibilisation-handicap-moteur/
https://www.francebleu.fr/infos/societe/clermont-ferrand-action-de-l-apf-63-pour-sensibiliser-auxplaces-de-stationnement-1544709013

D’autres choses à dire ?

Oui, vous savez je crois qu’améliorer l’inclusion des personnes handicapées, c’est globalement renforcer le savoir vivre ensemble, c’est bon pour l’éducation de nos enfants, la construction de leur valeur, c’est bon aussi pour l’image de notre ville. Les labellisations par exemple peuvent être mises en avant sur nos sites municipaux.

Share This